Communiqué de l’Association de soutien à l’Artsakh
Paris, le 14 septembre 2026 : Il y a trois ans, au lendemain de l’offensive azerbaïdjanaise contre l’Artsakh et de l’exode de sa population arménienne, le président de la République Emmanuel Macron engageait publiquement la parole de la France. Le 24 septembre 2023, sur TF1 et France 2, il affirmait que le soutien de la France aux Arméniens était « inconditionnel, entier et constant ». Le 21 février 2024, à l’Élysée, il rappelait encore l’ordonnance de la Cour internationale de Justice exigeant que les Arméniens ayant quitté le Haut-Karabagh et souhaitant y retourner puissent le faire « en toute sécurité, librement et rapidement ».
Trois ans plus tard, les Arméniens d’Artsakh ne sont toujours pas rentrés chez eux. Dix-neuf Arméniens sont toujours détenus en Azerbaïdjan et l’identité même du patrimoine arménien de l’Artsakh continue d’être contestée.
C’est dans ce contexte que l’ambassadrice de France en Azerbaïdjan, Mme Sophie Lagoutte, a participé les 11 et 12 septembre à une visite en Artsakh organisée par les autorités azerbaïdjanaises. Elle s’est dite impressionnée par l’ampleur des travaux de «reconstruction» menés par l’Azerbaïdjan et a qualifié cette visite d’«utile et instructive».
Une reconstruction, mais pour qui ? Que signifie admirer la reconstruction de Stepanakert ou de Chouchi lorsque les habitants arméniens de cette ville ne peuvent toujours pas y retourner ? Que devient le droit au retour solennellement défendu par la France lorsque l’on parcourt aujourd’hui ces territoires sans évoquer publiquement ceux qui en sont absents ? Et comment visiter les monastères de Gandzasar et de Dadivank lorsque ces monuments sont présentés par les autorités azerbaïdjanaises comme relevant de l’ancien patrimoine chrétien de l’«Albanie du Caucase», sans rappeler leur histoire et leur identité arméniennes ?
Le dialogue diplomatique ne saurait conduire à considérer progressivement comme acquise une situation créée par la force. Ce qui nous inquiète aujourd’hui n’est plus seulement la politique menée par l’Azerbaïdjan : c’est l’effacement progressif de la politique que la France avait elle-même soutenue.
Si les faits accomplis par la force finissent par être intégrés à la pratique diplomatique ordinaire, le message adressé dépasse largement l’Artsakh : il suffirait d’attendre pour que les principes deviennent des souvenirs et que le fait accompli se transforme en normalité diplomatique.
«La crédibilité d’une diplomatie ne se mesure pas seulement aux paroles prononcées au moment d’une tragédie, mais à la fidélité à ces paroles lorsque, avec le temps, il devient diplomatiquement plus commode de les oublier » indique Hovhannes Guevorkian, Représentant de l’Artsakh.
Contact presse : secretariat@soutien-artsakh.eu

